Chaos and creation in the Backyard

Publié le par Stéph

Chaos and creation in the backyard

Alors que sort dans à peine 3 jours le nouvel album de Paul voici la critique de Rock & Folk

A consommer sans modération! ( enfin bon paul à pris en juin 63 ans et non pas 64!! l'erreur est humaine)

 

   
  Disque du mois -

Le disque du mois : N°458 - OCTOBRE 2005

Paul McCartney - “Chaos And Creation In The Backyard” - EMI
 
       

 

 

Le meilleur...

Le meilleur album pop de la rentrée — certains diront de la décennie — est signé par un homme de 64 ans. Le monde est ainsi fait qu’un Leonard Cohen était déjà vieux à vingt ans, et qu’un McCartney ne vieillira jamais. Certes, il ne porte pas aussi bien le moulant noir Hedi Slimane que Mick, mais qu’on lui donne un producteur assez fou pour oser lui demander de mettre certaines de ses nouvelles chansons à la poubelle, et le voilà qui livre son opus le plus naturellement juvénile et le plus profond depuis le dernier Beatles. C’est qu’il ne doit pas tous les jours être facile d’avoir façonné les tables de la loi de la musique pop, même si de l’electro (“McCartney II” en 1980) au classique (son “Oratorio De Liverpool”) rien de ce qui est musical n’est étranger à McCartney, modèle de versatilité stylistique. Mais pourquoi chercher ailleurs, quand on dispose d’un langage personnel, d’un goût harmonique, d’un sens du développement thématique et d’un talent de parolier et d’interprète vocal qui parlent depuis quarante ans à la planète entière ? C’est aussi ce qu’a dû lui dire Nigel Godrich — recommandé par George Martin — avec pour résultat, cette pureté d’intention et de réalisation qui fait de chacune des treize compositions de “Chaos And Creation In The Backyard” un chef-d’œuvre de caractérisation, du pétulant “Fine Line” ouvrant le bal au finale en forme de “Let It Be, bis” intitulé “Anyway”. Certes, on connaît tous les trucs du magicien, le piano qui joue à la croche et laisse la place aux cordes staccato, l’alternance d’accords majeurs et mineurs, les pédales tenues à l’harmonium ou aux vents et la tierce arpégée, la gamme par ton utilisée pour donner un caractère d’élévation mystique (“How Kind Of You”), de rêve, et la chromatique descendante en guise d’ironique conclusion. C’est ce métier, à l’heure où tout le monde oublie de moduler, qui mis au service d’un sincère désir d’enchanter et d’émouvoir donne leur poids dramatique à “At The Mercy” et “This Never Happened Before” convoquant les cordes de “Abbey Road”, ou sa légèreté de cookie au gingembre au proustien “English Tea” traversé d’un espiègle solo de chalumeau. Godrich a également contraint le maître à jouer lui-même guitares, claviers, basse, batterie et même fluegelhorn (le solo très mitteleuropa de “Jenny Wren”), ce qui contribue au sentiment de confidence chaleureuse émanant de ce disque d’orfèvre. La grâce avec laquelle McCartney peut passer d’un calypso de croisière des années 30 (“A Certain Softness”) à la mélancolie dickensienne du hanté “Riding To Vanity Fair” construit sur un intervalle de seconde majeure, tient à ce mélange de candeur et d’expérience qui caractérisait déjà “Yesterday”. Le métier s’apprend, Costello l’a prouvé. La grâce, elle, est innée.

Eric Dahan
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Publié dans Macca news

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